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picto Le détartrage et les soins buccodentaires

Les problèmes buccodentaires sont recensés chez plus de 85% des animaux âgés de 3 ans et plus ; les caries sont rares, mais les tissus parodontaux (entourant la dent elle-même) sont fréquemment le siège de lésions d’évolution rapide.

Les facteurs de risque les plus courants sont une mauvaise implantation, une persistance de dents de lait, une mastication insuffisante, une composition salivaire favorisant l’entartrement.


Quand la bouche est saine, la gencive est rose et ferme, son attache se situe au collet ; les tissus de soutien sont intacts. Plaque dentaire et tartre sont absents, l’haleine est normale.

 

 


Stade de la gingivite : la plaque dentaire s’agglomérant au collet des dents abrite une population bactérienne produisant des toxines à l’origine d’une gingivite douloureuse et malodorante : gencive enflammée, tuméfiée, couleur pourpre, saignant facilement ; la minéralisation de la plaque donne le tartre. Le tartre se présente sous la forme d'un dépôt dur jaunâtre-brun, à la base des dents contre la gencive.

Les chercheurs Muhlemann et Schroeder ont démontré que la formation des cristaux dans la plaque dentaire débute après 38 h et qu'il faut seulement 12 jours pour obtenir un tissu tartrique bien calcifié (Roberts Harry et Clerehugh, 2000).


Le premier signe d'alerte est souvent une mauvaise haleine ; en effet le tartre est poreux et abrite des bactéries qui dégradent les particules alimentaires, dégageant ainsi des composés volatils malodorants.

 

Ensuite survient logiquement une gingivite infectieuse douloureuse (le tartre s’insinuant entre la gencive et la dent), précédant la maladie parodontale avec tout son cortège de complications.


La laserthérapie peut être d'un grand secours dans le soulagement de ces états inflammatoires de la cavité buccale (attention pas d’exposition directe de la rétine) : gingivites, stomatites, palatoglossites, tuméfaction post extraction dentaire, etc.

Un protocole bien défini permet de résoudre sans chirurgie une part non négligeable de ces affections particulièrement handicapantes chez le chat ...


Stade parodontite : à la faveur de la rétraction gingivale, qui en est accélérée, plaque et tartre s’insinuent entre la dent et l’alvéole comme en surface, et détruisent progressivement les tissus d’attache et de soutien (ligaments, os, racine), déchaussant la dent devenue mobile.


Cela peut aller fréquemment jusqu’aux fistules osseuses, ou même fractures de mandibules !

 

L'âge n'est pas à incriminer comme responsable, simplement un animal âgé souffrant de maladie parodontale  aura des lésions plus importantes du fait de l'accumulation de plaque et de tartre qui auraient du être traités plus tôt.


Les douleurs épouvantables, les infections locales puis véhiculées dans tout l’organisme par voie sanguine (cœur, poumon, rein, foie), l’irréversibilité des lésions parodontales constatée à ce stade, encouragent à anticiper cette situation tragique !

 

Chez le chat, une inflammation majeure de toute la sphère buccodentaire vient couronner cette évolution, qui oblige alors à l'extraction de la totalité des dents, unique solution !


L’infection buccodentaire est accompagnée d’une haleine nauséabonde ; il est alors conseillé d’examiner toutes les arcades dentaires en retroussant les babines jusqu’aux molaires, de chaque côté. Votre vétérinaire y procède à chaque consultation.

Il est parfois possible d’effectuer un nettoyage succinct à cette occasion, lorsque l’évolution n’est pas avancée et que seuls les crocs sont concernés.


Si du tartre est présent, un détartrage minutieux par ultrasons sous tranquillisation devra être effectué, suivi d’un polissage dentaire destiné à retarder l’adhérence de la plaque dentaire, et d’une désinfection gingivale.

 

Un traitement spécifique sera administré peu avant et après le détartrage.


A ce stade, les dents présentant des pathologies sont soignées, avec votre accord : obturation canalaire, extraction, restauration gingivale chirurgicale si nécessaire (obligatoire en cas de fistules) ; la maladie parodontale très avancée nécessite souvent l’extraction de nombreuses dents déchaussées et douloureuses !


Ensuite, un brossage régulier avec un dentifrice spécifique (pouvant être ingéré sans risque) permet de retarder la réapparition des symptômes. S’il y a été accoutumé dans son jeune âge cela ne posera aucun problème ; il s’agit de la solution à la fois la plus efficace et la plus économique pour retarder le retour des agents de dégradation buccodentaire ; il en existe d’autres pour le cas où le brossage serait inenvisageable.

Avec ce traitement on observe une recolonisation de la gencive et une disparition des poches parodontales.


Le succès lié à un programme de santé buccodentaire réside dans la combinaison des soins appliqués à la maison et des soins périodiques en clinique vétérinaire.

 

La prévention :

 

•             un examen bucco-dentaire régulier (généralement effectué lors de l'examen annuel de santé)

•             savoir si son animal est à risque ou non (indiqué par le vétérinaire lors de son examen)

•             éliminer la plaque dentaire grâce au brossage (technique à demander à nos assistantes) + solutions accessoires

•             ajouter des solutions antiseptiques à l'eau de boisson (recommandé pour les animaux ne supportant pas le brossage)

•             pour les animaux en ayant besoin : détartrage/polissage régulier


 

 

Les soins dentaires concernent bien entendu nos amis les Rongeurs ; certains d'entre eux, ayant perdu la capacité d'user leur dents au fur et à mesure de leur croissance, doivent subir une abrasion mécanique des incisives et des tables dentaires.

A cet effet, le vétérinaire effectue alors un fraisage, comme votre dentiste.


 

Les chevaux et tous les Equidés, sont eux aussi concernés par les soins dentaires. Comme les Rongeurs, leurs dents poussent presque toute leur vie et s'usent à mesure par la mastication.

Les dents de loup sont des dents de lait qui ne sont pas tombées car elles ne sont suivies d'aucune dent définitive et ont tendance à se maintenir ; elles provoquent des douleurs lorsque les lèvres se pincent entre elles et le mors, ou lorsque le mors vient taper sur leur couronne. Elles doivent absolument être retirées avant la première mise en bouche d'un mors.

Les mouvements masticatoires incomplets fréquemment observés chez les chevaux mangeant en hauteur, ou nourris avec des fibres courtes, provoquent une usure tout aussi incomplète des extrémités des tables dentaires, jusqu'au blocage longitudinal qui entraîne de graves conséquences craniennes et locomotrices.

Les crêtes dentaires sont à l'origine de blessures douloureuses des joues et de la langue.

Les surdents sont des anomalies de la courbure des tables dentaires, à l'origine de blocages elles aussi ; avec l'âge, certaines dents arrivées en bout de pousse peuvent chuter, elles ne sont plus là pour meuler leur vis-à-vis.

 

Les soins dentaires sont alors délivrés à domicile par un vétérinaire, sous tranquillisation, à l'aide principalement d'une meule électrique et d'instruments de dentisterie équine.